EGLISE SAINT PIERRE

Idron Pyrénées-Atlantiques Nouvelle-Aquitaine

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La première mention d’une église et d’une communauté de fidèles à Idron figure dans le Cartulaire de Saint-Pé-de-Bigorre au XIè sous le vocable d’Idronium. Tout laisse à penser que notre église occupe l’emplacement de ce lieu de culte. Le dénombrement de 1385 mentionne « l’ostau deu caperaa » parmi les 22 feux. La Réforme calviniste sécularisa les biens de l’église qui lui furent restitués en 1620. La Révolution perturba à nouveau la vie de l’ecclesia idronaise. Le desservant prêta serment à la CCC et adhéra à la Société des Amis de la Constitution, puis à celle de la Liberté et de l’Egalité. Soupçonné de fédéralisme, il en fut chassé et reprit son activité pastorale.
Aucun document ne permet de dater la construction de notre église qui pourrait être contemporaine de l’érection de la terre noble d’Idron en Baronnie au XVIIè. Quelques pièces comptables de la jurade signalent au XVIIIè des travaux sur la charpente, la dorure du tabernacle, l’achat de cierges pour Pâques…Les registres paroissiaux et les actes notariés révèlent quelques aspects de la pratique, en particulier le respect des sacrements : baptêmes précoces, ondoiements fréquents, très rares conceptions prénuptiales et naissances illégitimes. Jusqu’en 1789 les Idronais souhaitèrent, en dépit de l’Eglise et de l’Etat, être inhumés apud sanctos, dans leur église. Leurs testaments attestent leur souci des fins dernières et du salut : « Sachant la mort certaine et incertaine l’heure d’icelle ».
Du mobilier antérieur à 1789, il ne subsiste rien. Le chœur mérite l’attention avec ses boiseries, en réalité du carton-plâtre, très employé au milieu du XIXè, un coffre-banc composé de pièces du XVè et d’un superbe bandeau Renaissance, enfin de deux grandes peintures marouflées. Leur facture exceptionnelle évoque le style de Murillo et exclut toute origine locale. L’invasion angélique de l’ascension de la Vierge, la représentation de la sainte famille au travail datent ces œuvres de la fin du XVIIè début XVIIIè avec l’essor du culte marial et la promotion de celui de saint Joseph. Sobre, mais de qua1ité, le décor du chœur est magnifié par le don d’un bel autel en merisier, conçu et réalisé par Mr Amilcar Afonso ébéniste à Idron.
L’enclos du cimetière, terre chrétienne, se signale par deux monuments : une grande croix cémétérale ornée de cette inscription laconique : « J’attends », et la pyramide de marbre blanc élevée à la mémoire des enfants d‘Idron morts pour la Patrie, qui associe des emblèmes républicains et la croix du Christ.
On ne saurait enfin oublier deux grandes figures épiscopales liées à notre église : celle de Mgr de Belsunce, évêque de Marseille qui s’illustra pendant la peste de 1720 et celle de Mgr de Beaumont et son œuvre pastorale et sociale à Saint-Denis-de-la Réunion.

CHRISTIAN DESPLAT
PROFESSEUR ÉMÉRITE DES UNIVERSITÉS (UPPA)


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